Avant d’aborder l’expression du gène, il faut comprendre comment l’information génétique est stockée, dupliquée et transmise. Ce cours présente la structure de l’ADN, son organisation en chromosomes, les mécanismes de division cellulaire et les différents types de mutations. notions clés du programme 1BAC SM et fondations de la génétique en 2BAC.
Sommaire :
1. Où est localisée l’information génétique ?
Chaque cellule vivante contient un programme génétique complet qui détermine à la fois sa structure et ses fonctions. Chez les organismes eucaryotes, ce programme réside dans le noyau cellulaire, où l’ADN est empaqueté sous forme de chromosomes. Quelle que soit la spécialisation d’une cellule, son information génétique reste intacte et identique à celle de toutes les autres cellules de l’organisme : seule son expression diffère selon le tissu.
2. Du chromosome à l’ADN
Un chromosome n’est pas une simple molécule d’ADN nue : il résulte d’un emballage très organisé qui permet de loger plusieurs mètres d’ADN dans un noyau de quelques micromètres.
Chromosome = ADN + Histones (protéines d’emballage)
La molécule d’ADN s’enroule autour des protéines histones pour former des unités répétitives appelées nucléosomes. Ces nucléosomes se replient et se condensent progressivement jusqu’à former les chromosomes compacts visibles en microscopie lors de la division cellulaire.
3. Architecture de la molécule d’ADN
L’ADN adopte une conformation en double hélice : deux chaînes nucléotidiques s’enroulent l’une autour de l’autre de façon antiparallèle. Elles sont maintenues ensemble par des liaisons hydrogène entre bases azotées complémentaires, selon un appariement exclusif :
A ↔ T
2 liaisons hydrogène
G ↔ C
3 liaisons hydrogène
Chaque maillon de ces chaînes est un nucléotide, composé de trois parties :
→ Un groupement phosphate (confère la charge négative à l’ADN)
→ Un désoxyribose (sucre à 5 carbones, spécifique à l’ADN)
→ Une base azotée parmi quatre : Adénine (A), Thymine (T), Guanine (G), Cytosine (C)
Un gène est un segment d’ADN dont la séquence précise de nucléotides code un message biologique spécifique — généralement la fabrication d’une protéine. Cette organisation est universelle dans le monde du vivant.
Partie II — Division et transmission du patrimoine génétique
4. Le cycle cellulaire
Pour qu’une cellule se divise correctement, elle doit d’abord dupliquer intégralement son ADN, puis répartir équitablement les copies obtenues. Ce processus obéit à un calendrier précis appelé cycle cellulaire :
Cycle cellulaire = Interphase + Mitose
| Phase | Nom | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| G1 | Croissance | La cellule grossit et fabrique les protéines nécessaires à la division |
| S | Synthèse | Réplication complète de l’ADN : la quantité passe de Q à 2Q |
| G2 | Préparation | Vérification de la réplication et assemblage du matériel de division |
| M | Mitose | Séparation des chromosomes et formation de deux cellules filles (retour à Q) |
5. Les quatre phases de la mitose
La mitose est la phase de division proprement dite. Elle se déroule en quatre étapes successives :
| Phase | Événements principaux |
|---|---|
| Prophase | Les chromosomes deviennent visibles (chacun formé de 2 chromatides reliées par un centromère). L’enveloppe nucléaire se désintègre et le fuseau mitotique se met en place. |
| Métaphase | Les chromosomes migrent et s’alignent précisément au centre de la cellule, sur la plaque équatoriale. |
| Anaphase | Les centromères se divisent : les chromatides sœurs se séparent et migrent vers les pôles opposés de la cellule. |
| Télophase | Une enveloppe nucléaire se reconstitue autour de chaque lot de chromosomes. La cellule se divise en deux (cytocinèse) : deux cellules filles génétiquement identiques à la cellule mère. |
Point de vigilance examen : la cytocinèse n’est pas identique selon le type cellulaire.
Cellule animale
Fuseau avec asters + division par étranglement progressif du cytoplasme (sillon de clivage)
Cellule végétale
Fuseau sans asters + formation d’une cloison cellulaire centrale (lamelle moyenne) par accumulation de vésicules
Partie III — Copie et variabilité de l’ADN
6. La réplication de l’ADN
Avant chaque division, l’ADN doit être copié à l’identique. Ce mécanisme, appelé réplication, fonctionne selon un principe semi-conservatif : chacun des deux brins de la double hélice parentale sert de modèle pour synthétiser un nouveau brin complémentaire. Chaque molécule fille conserve donc un brin ancien et acquiert un brin neuf.
La synthèse progresse dans le sens 5′ → 3′, de façon antiparallèle, en respectant les règles d’appariement A-T et G-C. L’enzyme centrale de ce processus est l’ADN polymérase, qui :
→ Déroule et sépare les deux brins d’ADN au niveau d’une fourche de réplication
→ Assemble les nouveaux nucléotides (dATP, dGTP, dTTP, dCTP) en présence d’ions Mg²⁺
→ Ne peut ajouter un nucléotide qu’à l’extrémité 3’OH d’une amorce préexistante
Résultat de la réplication : une molécule d’ADN double-brin donne deux molécules filles identiques, chacune composée d’un brin parental et d’un brin nouvellement synthétisé.
7. Les mutations génétiques
Malgré la précision remarquable de la réplication, des erreurs surviennent parfois dans la séquence nucléotidique. Ces modifications héritables de l’ADN sont appelées mutations. Elles sont à l’origine de nouveaux allèles et constituent la principale source de variabilité génétique au sein des populations.
On distingue deux niveaux d’atteinte :
Mutations chromosomiques
Ces mutations touchent des segments entiers d’un chromosome : un fragment peut être perdu (délétion), dupliqué, inversé ou transféré sur un autre chromosome (translocation). Leurs effets sur le phénotype sont généralement importants.
Mutations ponctuelles
Ces mutations n’affectent qu’un seul nucléotide ou un petit nombre de nucléotides. Leurs conséquences sur la protéine dépendent de leur nature :
| Type | Ce qui change dans l’ADN | Effet sur la protéine |
|---|---|---|
| Silencieuse | Substitution d’une base | Aucun changement d’acide aminé (grâce à la redondance du code génétique) |
| Faux sens | Substitution d’une base | Un acide aminé est remplacé par un autre — la protéine peut être partiellement ou totalement inactive |
| Non-sens | Substitution d’une base | Création prématurée d’un codon STOP → protéine tronquée et non fonctionnelle |
| Addition | Insertion d’un nucléotide | Décalage du cadre de lecture → toute la séquence en aval est perturbée |
| Délétion | Suppression d’un nucléotide | Décalage du cadre de lecture → protéine aberrante en aval du site de délétion |
À retenir
L’ADN est le support universel de l’information génétique, organisé en chromosomes grâce aux histones. Il se copie fidèlement avant chaque division selon le mode semi-conservatif. La mitose distribue ensuite équitablement ce patrimoine aux deux cellules filles. Les mutations, bien qu’accidentelles, sont le moteur de la diversité génétique des espèces.
Ce résumé fait partie de la série génétique 1BAC SM. Consultez également :
📄 Chapitre suivant :
👉 Expression de l’Information Génétique : Résumé 1BAC
