Les Facteurs Climatiques – Cours Complet (TCS Biof)

Le climat se définit par l’ensemble des conditions atmosphériques (température, humidité, vent, etc.) qui règnent dans une région donnée pendant une longue période. Ces facteurs influencent directement la répartition et le comportement des êtres vivants.

Miniature pour le cours "Les facteurs climatiques - L'essentiel du cours - TCS Biof", montrant un thermomètre, un pluviomètre et un anémomètre dans un paysage avec des cèdres de l'Atlas.

Pour étudier le climat, les écologistes utilisent plusieurs instruments de mesure précis

Instruments de mesure des facteurs climatiques : Thermomètre, Hygromètre, Pluviomètre et Luxmètre.
InstrumentRôleUnité de mesure
ThermomètreMesure la température.°C, °K ou °F.
T(°K) = T(°C) + 273
HygromètreMesure l’humidité de l’air.Pourcentage (%)
PluviomètreMesure les précipitations.Millimètre (mm)
1 mm = 1L / m²
AnémomètreMesure la vitesse du vent.Km/h ou m/s
LuxmètreMesure la luminosité.Lux (lx)

Pour comprendre l’influence du climat, on représente les variations mensuelles des précipitations (P) et de la température (T).

Le diagramme ombrothermique de Bagnouls et Gaussen (1953) permet de comparer l’évolution des valeurs des températures et des précipitations à l’aide de deux courbes respectives.

Méthode de réalisation :

  • Axe horizontal : Les douze mois de l’année.
  • Axes verticaux : Les précipitations en mm (à gauche) et Températures mensuelles en °C (à droite).
  • Règle d’or : L’échelle doit respecter la formule P = 2T.

Prenons l’exemple des stations météorologiques de Taroudant et Ifrane :

Station de Taroudant

MoisJFMAMJJASOND
T (°C)13.414.81718.820.722.625.726.524.218.217.614.2
P (mm)49.342.831.419.32.61.10.10.13.514.330.254.7
Diagramme ombrothermique de Taroudant montrant les périodes de sécheresse et d'humidité.

Station d’Ifrane

MoisJFMAMJJASOND
T (°C)6.36.56.5911.416.821.220.91611.77.56.2
P (mm)181.8141.8121.2117.77434.68.711.230.381.9133.6168.4
Diagramme ombrothermique de Ifrane montrant les périodes de sécheresse et d'humidité.

Analyse des diagrammes :

Le croisement des courbes P et T détermine deux périodes :

  • Période de sécheresse : Quand P < 2T (Zone hachurée).
  • Période d’humidité : Quand P > 2T.

Résultats :

  • À Ifrane, la sécheresse est courte, environ 3 mois (été).
  • À Taroudant, la période de sécheresse est très longue et dure environ 8 mois.

Dans les écosystèmes naturels, la température et l’humidité relative ne varient pas de manière isolée ; elles sont étroitement interdépendantes. Pour obtenir une vision globale du climat d’une station donnée, les écologues réalisent un climatogramme..

Méthode de construction du climatogramme :

  • Les axes : On utilise un repère où l’axe des abscisses représente la température moyenne mensuelle (T en C) et l’axe des ordonnées représente l’humidité relative moyenne (H en %).
  • Le traçage : Pour chaque mois de l’année, on place le point correspondant à ses coordonnées (T, H).
  • La courbe : On relie ensuite les 12 points par ordre chronologique, de janvier à décembre, pour former un polygone fermé.
StationMoisJFMAMJJASOND
TangerH (%)71.57072676667687071.5737375
T (°C)1212.51415.51721222321201613
MideltH (%)55464544.544.54028.52738.544.553.555.5
T (°C)56.21012.516202524181410.56.5
climatogramme comparatif entre Tanger et Midelt. L'axe des ordonnées indique la température en degrés Celsius ($0$ à $30$ °C) et l'axe des abscisses l'humidité relative en pourcentage ($0$ à $100$ %). Deux polygones fermés représentent l'évolution mensuelle du climat : la courbe bleu foncé pour Tanger montre une humidité élevée et stable (entre 66 % et 75 %) avec des températures modérées, tandis que la courbe orange pour Midelt montre une plus grande amplitude thermique et une humidité nettement plus faible, chutant jusqu'à 27 % en été.

Tracé de l’Éco-climatogramme de la coccinelle :

Pour déterminer si la coccinelle peut survivre, on trace son « aire de vie » sur le climatogramme des stations de Midelt et Tanger. L’éco-climatogramme est représenté par deux rectangles basés sur les données suivantes :

ZoneHumidité Relative (%)Température (∘C)
Zone de tolérance40 à 10012,5 à 24
Zone optimale60 à 8516 à 20

L’éco climatogramme est représenté sous forme de rectangle dont les sommets sont les combinaisons des valeurs extrêmes de chaque facteur climatique. Ainsi on obtient deux rectangles, l’un qui représente la zone optimale, l’autre représente la zone de tolérance.

Graphique d'éco-climatogramme comparatif entre Tanger et Midelt montrant la relation entre la température (°C) et l'humidité relative (%). Le graphique affiche une « zone de tolérance » (rectangle gris pointillé) et une « zone optimale » (rectangle vert) pour la coccinelle. Les courbes mensuelles montrent que le climat de Tanger reste majoritairement à l'intérieur de la zone de tolérance, contrairement à celui de Midelt qui présente des variations extrêmes.

L’introduction est possible et recommandée. car la majorité des points mensuels de Tanger (notamment les mois de mai à octobre) se situent à l’intérieur de la zone de tolérance, et plusieurs mois entrent dans la zone optimale. L’humidité à Tanger est suffisamment élevée et les températures sont clémentes, ce qui garantit la survie et la reproduction de la coccinelle.

L’introduction est difficile, voire impossible car pour l’humidité : Une grande partie du climatogramme de Midelt se trouve à gauche du rectangle de tolérance (humidité < 40%), surtout en été (J, A, S). et En hiver, les températures à Midelt descendent bien en dessous de la limite inférieure de tolérance (12,5C), ce qui provoquerait la mort des individus.

La répartition géographique des végétaux est étroitement liée au climat. Étudions un exemple précis :

Étude de cas : Le Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica)

  • Localisation : Régions montagneuses (Moyen Atlas, Rif, partie Est du Haut Atlas).
  • Relation avec le sol : Le Cèdre est indifférent à la nature chimique du sol (siliceux ou calcaire).

Le facteur déterminant est climatique. Le Cèdre exige :

  • Une température moyenne annuelle faible (T < 11°C).
  • Des précipitations annuelles élevées (P > 1000 mm/an).

Pourquoi le Cèdre est-il absent à Taroudant ?

  1. Précipitations insuffisantes (< 1000 mm/an).
  2. Période de sécheresse trop longue (> 3 mois).

Conséquence : Les racines horizontales du cèdre ne peuvent pas atteindre la nappe phréatique profonde pendant les longues sécheresses.

L’hibernation est une stratégie adaptative permettant à certains animaux de survivre aux conditions climatiques défavorables (froid intense, manque de nourriture). Le tableau ci-dessous compare l’état physiologique du lérot (un petit mammifère) entre sa période d’activité et sa période d’hibernation :

Caractéristiques biologiquesEn période d’activitéEn période d’hibernation
Température corporelle37 °C10 °C
Rythme cardiaque (mvt/min)1255
Rythme respiratoire (mvt/min)152
Consommation d’oxygène (ml/kg/h)58029
Masse corporelle (kg)4,72,7

En comparant les données du tableau, on observe des changements physiologiques radicaux lors de l’hibernation :

  • Baisse de la température : La température corporelle chute de 37 °C à 10 °C, s’adaptant partiellement à la température ambiante pour réduire les pertes de chaleur.
  • Ralentissement du métabolisme : Les rythmes cardiaque et respiratoire s’effondrent (passant de 125 à 5 mvt/min pour le cœur), ce qui minimise l’effort physique.
  • Économie d’énergie : La consommation d’oxygène est divisée par 20 (de 580 à 29 ml/kg/h), signe d’un métabolisme tournant au ralenti.
  • Utilisation des réserves : La baisse de la masse corporelle (de 4,7 kg à 2,7 kg) prouve que l’animal puise dans ses réserves de graisses accumulées avant l’hiver pour maintenir ses fonctions vitales minimales.

L’hibernation est un état de vie ralentie. Face au froid, le lérot réduit ses besoins énergétiques au minimum pour survivre sans s’alimenter jusqu’au retour de conditions climatiques favorables.

certains animaux utilisent la migration pour faire face aux variations saisonnières du climat. La Cigogne blanche est un exemple d’oiseau migrateur qui parcourt des milliers de kilomètres pour rejoindre des régions plus favorables. son trajet cyclique s’effectue de la manière suivante :

  • Le départ : Au mois d’août, avant l’arrivée de la mauvaise saison, la cigogne quitte l’Europe.
  • Le trajet : Elle traverse la Méditerranée pour passer par le Maroc, puis continue vers le sud vers le Mali, le Tchad et descend jusqu’en Tanzanie.
  • Le retour : Elle revient en Europe de l’Ouest au printemps, lorsque les conditions climatiques redeviennent favorables.

Le comportement de migration pendant la mauvaise saison s’explique par la recherche de conditions de vie optimales :

  1. Échapper au froid : En migrant vers les « pays chauds » d’Afrique, la cigogne évite les températures extrêmes de l’hiver européen.
  2. Accès à la nourriture : Le froid en Europe limite la disponibilité des proies (insectes, petits vertébrés). Le déplacement vers le sud permet à l’oiseau de trouver des ressources alimentaires abondantes pour assurer sa survie.

La migration est une adaptation comportementale. Contrairement à l’hibernation où l’animal reste sur place en état de vie ralentie, la migration consiste en un déplacement géographique vers un milieu où les facteurs climatiques ne sont pas limitants.

Définition : C’est le facteur qui, par son intensité (trop faible ou trop forte), empêche la vie d’une espèce, même si les autres facteurs sont idéaux.

1. Le quotient pluviométrique d’Emberger (Q)

Pour classer les climats méditerranéens, Emberger a proposé la formule suivante :

Q=1000×PM+m2×(Mm)Q = \frac{1000 \times P}{\frac{M + m}{2} \times (M – m)}

2. Méthode de calcul

L’étage bioclimatique est déterminé par la projection de Q et m sur le diagramme d’Emberger.

Diagramme bioclimatique d'Emberger et les étages bioclimatiques au Maroc.

Données Station d’Ifrane

Var.JFMAMJJASOND
m4.230.12.34.58.911.811.88.84.70.92.9
M8.510.112.917.518.324.830.630.125.218.714.19.5
P181.8141.8121.2117.77434.68.711.230.381.9133.6168.4

Calcul pour Ifrane :

Données Station de Taroudant

Var.JFMAMJJASOND
m5.16.58.710.312.113.915.916.71513.19.76.3
M21.123.125.427.429.331.436.536.333.423.325.622.2
P49.342.831.419.32.61.10.10.13.514.330.254.7
Culture sous serre pour la maîtrise des facteurs climatiques.

L’Homme peut intervenir pour modifier les facteurs climatiques afin d’améliorer la production végétale. Le tableau suivant compare le rendement de plusieurs cultures selon trois techniques différentes :

Types de culturesÀ l’air libre (t/ha)Serre normale (t/ha)Serre climatisée (t/ha)
Tomate3164153
Concombre4376140
Aubergine30.559124
Poivron2449134
Melon3361176
Fraise4177162

L’analyse des données montre une progression spectaculaire de la productivité selon la technique utilisée :

  • Serre normale vs Air libre : Le rendement double environ sous une serre normale (ex: la tomate passe de 31 à 64 t/ha).
  • Serre climatisée vs Serre normale : Le rendement augmente de manière exponentielle sous serre climatisée, atteignant parfois plus de 4 fois le rendement à l’air libre (ex: le melon passe de 33 à 176 t/ha).

Les serres permettent à l’agriculteur de ne plus dépendre des aléas du climat extérieur. Leur rôle principal est de :

  1. Optimiser les facteurs limitants : En contrôlant la température, l’humidité et parfois la concentration en CO2, on crée un microclimat idéal pour la photosynthèse.
  2. Protéger les cultures : Elles abritent les plantes contre les gelées, les vents violents ou les fortes pluies.
  3. Produire hors saison : Cela permet de cultiver des espèces exigeantes en chaleur même durant les périodes froides.

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