La Sortie Écologique : Cours et Résumé Complet (TCS BIOF)

Miniature pour la leçon la sortie écologique SVT Tronc Commun montrant une table en forêt avec le matériel de la sortie écologique : carnet de terrain, boussole, marteau géologique, carte topographique et échantillons végétaux.

L’écologie (du grec oikos = maison/habitat et logos = science) est la science qui étudie les interactions entre les êtres vivants et leur milieu, ainsi que les interactions entre les êtres vivants eux-mêmes.

La sortie écologique est une étape fondamentale qui permet d’observer et d’étudier les milieux naturels directement sur le terrain. Elle a pour objectifs de :

  • Collecter des informations sur les espèces animales et végétales (densité, répartition).
  • Observer le relief et les cours d’eau.
  • Mesurer les conditions climatiques.
  • Analyser l’impact des activités humaines sur le milieu.
Équipement de la sortie écologique posé sur une table : carte topographique, boussole, filet fauchoir, carnet de notes et piquets.

Pour réussir une étude de terrain, plusieurs outils sont nécessaires. Voici un tableau récapitulatif des principaux instruments utilisés :

OutilRôle et Utilisation
Carte topographiqueLa localisation du site étudié.
BoussoleL’orientation sur le terrain.
AltimètreMesurer l’altitude du milieu.
pH-mètreMesurer l’acidité du sol ou de l’eau.
ThermomètreMesurer la température (air/sol).
Acide chlorhydrique (HCl)Tester la nature calcaire des roches (effervescence).
Parapluie japonaisRécolter les insectes vivants sur les rameaux des arbres.
Filet fauchoirCapturer les insectes volants.
Corde et piquetsDélimiter la surface d’inventaire (Quadrillage).

Dans un milieu naturel, les végétaux ne sont pas répartis au hasard. On distingue deux types de stratifications.

Schéma des différentes strates végétales : strate arborescente, strate arbustive, strate herbacée, strate muscinale et strate souterraine

Les végétaux forment des étages superposés selon leur hauteur et leur rigidité :

  1. Strate arborescente (h > 5m) : Arbres à tronc ligneux (ex: Chêne liège).
  2. Strate arbustive (2m < h < 5m) : Arbustes et buissons ligneux.
  3. Strate herbacée (5cm < h < 180cm) : Plantes à tiges molles (herbes).
  4. Strate muscinale (h < 5cm) : Mousses, lichens et champignons.
  5. Strate souterraine : Racines, bulbes et rhizomes.
profil topographique montrant la répartition horizontale des végétaux (Chêne liège, Thuya, Lentisque) de la zone côtière de Rabat vers le plateau de Zaer.

La répartition horizontale des végétaux dépend de plusieurs facteurs :

  • La nature du sol (pH, texture).
  • Le climat (Humidité, ensoleillement).
  • La présence d’eau.
  • La concurrence entre les végétaux.
  • Les interactions biotiques (ex: substances toxiques sécrétées par certaines plantes).

Comment réaliser l’inventaire des végétaux ?

Pour effectuer un inventaire complet et fiable des végétaux d’un milieu naturel, il faut suivre ces deux étapes :

1- Choix de la station d’étude : la station d’étude doit être une station homogène située à distance suffisante de la zone de transition entre deux milieux différents. On privilégie les surfaces homogènes pour obtenir des résultats représentatifs.

La zone où on peut mener l’étude écologique doit être homogène; Il faut éviter les limites des milieux ou lisières .dans cette image les stations homogènes sont 1et 3

Exemple : Parmi les surfaces proposées, les stations 1et 3 conviennent car elles présentent une végétation homogène. En revanche, les stations 2 et 4 sont à éviter en raison de leur caractère hétérogène (zone de transition).

2 – Détermination de l’aire minimale : l’étude exhaustive d’une station entière étant difficile à réaliser, on recourt au concept d’aire minimale. Pour la déterminer, on utilise la technique du quadrillage.

On délimite progressivement des surfaces croissantes et on recense les espèces présentes dans chacune :

On délimite une surface initiale (souvent 1 m) à l’aide de piquets et de cordes, puis on recense les espèces présentes, On double progressivement la surface (2 m, 4 m, 8 m, etc.) jusqu’à ce qu’aucune nouvelle espèce ne soit découverte. et on choisi la plus petite surface a partir de laquelle le nombre d’espèces devient constant : c’est l’aire minimale.

Aire de relevé (m²)Nombre d’espèces végétales
120
445
960
1670
2570

Par exemple, ici le tableau montre que le nombre d’espèces végétales augmente progressivement avec la surface étudiée, puis se stabilise à partir de 16 m². Au-delà de cette surface, aucune nouvelle espèce n’est découverte. L’aire minimale est donc de 16 m².

Définition : L’aire minimale est la plus petite surface permettant de recenser l’ensemble des espèces végétales présentes dans le milieu étudié

La surface minimale d’inventaire permet de réaliser plusieurs recensements ou relevés, ce qui permet de collecter des données statistiques telles que le nombre d’individus dans chaque relevé, l’abondance.. etc. Ces données sont ensuite exploitées pour calculer des paramètres statistiques, réaliser des représentations graphiques et en tirer des conclusions.

b-Techniques d’inventaire des animaux

Il est souvent difficile de collecter des animaux ; du fait qu’ils se déplacent couramment dans leur milieu de vie. Ceci nécessite donc l’utilisation de techniques de collection spéciale telles que:

  • Observation, identification, et localisation de la répartition des animaux en utilisant des jumelles, et des appareils d’enregistrement. (Enregistrer les chants, les cris et les sons des animaux.
  • Recherche des traces d’animaux comme les nids, les excréments, les plumes, … etc.
  • Capture des animaux en utilisant des filets et des aspirateurs, en installant pièges.

Pour exploiter les données de l’étude statistique, il est nécessaire de calculer certains paramètres statistiques :

  • L’abondance : Nombre d’individus d’une espèce par unité de surface.
  • La dominance : Surface couverte par la projection verticale de l’appareil végétatif de l’espèce.
  • Coefficient Abondance-Dominance : L’échelle de Braun-Blanquet associe ces deux concepts.

La Fréquence (F) et Indice de Fréquence (IF) :

La fréquence est calculée par la formule suivante :

F=nN×100F = \frac{n}{N} \times 100

Où :

  • n : Nombre de relevés contenant l’espèce.
  • N : Nombre total des relevés effectués.

Selon la valeur de F, on détermine l’Indice de Fréquence (IF) selon l’échelle de Du Rietz (I, II, III, IV, V).

Classes de fréquenceIndice de fréquenceEspèce végétale
F < 20%IEspèce très rares
20% ≤F < 40%IIEspèce rare
40%≤ F < 60%IIIEspèce fréquente
60% ≤ F < 80%IVEspèce abondante
80% ≤ F ≤ 100%VEspèce constante
  • IF = IV ou V : Espèces caractéristiques du milieu (indicateurs biologiques).
  • IF = III : Espèces accompagnantes.

L’Histogramme de Fréquence et La courbe de Fréquence :

Comparaison entre une courbe de fréquence unimodale indiquant un milieu homogène et une courbe bimodale indiquant un milieu hétérogène.
  • Courbe unimodale : La station étudiée est homogène.
  • Courbe multimodale : La station est hétérogène.

On peut exploiter les données statistiques de l’inventaire des animaux en calculant plusieurs paramètres statistiques comme :

  • Densité absolue (D) : Nombre d’individus de la même espèce par unité de surface.
  • Densité relative (d) : calculée par la formule suivante :
d=nN×100d = \frac{n}{N} \times 100
  • La fréquence et l’indice de fréquence : Déterminer de la même façon que chez les végétaux.

Pour les Végétaux (Réalisation d’un Herbier)

Illustration des étapes de réalisation d'un herbier : récolte des plantes, séchage sous presse et montage sur une feuille avec étiquette.
  1. Prélever un échantillon (tige, feuilles, fleurs) avec un sécateur.
  2. Disposer l’échantillon entre des feuilles de papier journal.
  3. Presser avec un poids lourd et changer le papier régulièrement pour le séchage.
  4. Fixer la plante séchée sur une feuille blanche avec une étiquette (Nom, Date, Lieu).

Pour les Animaux

  • Insectes : Fixés sur papier cartonné avec une épingle ou conservés dans des boîtes.
  • Reptiles, Amphibiens, Poissons : Conservés dans des bocaux contenant du formol ou de l’alcool dilué.
exemple d'écosystème forestier avec ses composants : le Biotope (facteurs et éléments abiotiques comme eau,sol,air et roches) et la Biocénose (ensemble des êtres vivants comme les arbres et les animaux et les insectes et les microorganismes)

Les composants de l’écosystème :

Les composants biotiquesLes composants abiotiques
Animaux (renard, écureuil, hibou, buse, insectes, bactéries, …)

Végétaux (arbres, arbustes, fougères, herbe, …)
Le sol

L’air

L’eau

La lumière

Un écosystème représente donc l’ensemble formé par :

Écosystème = Biocénose (Êtres vivants) + Biotope (Milieu de vie)

Il existe différents niveaux :

  • Macro-écosystème : Océan, Désert.
  • Méso-écosystème : Forêt, Lac, Prairie.
  • Micro-écosystème : Tronc d’arbre mort, dessous d’une pierre.

💡 Astuce NéoSvt : Mesurer la hauteur d’un arbre

Photo d'un dendromètre artisanal (triangle isocèle), outil utilisé en écologie pour mesurer la hauteur des végétaux.

Pour mesurer la hauteur (H) d’un arbre sans grimper, utilisez la technique du triangle isocèle rectangle :

Illustration vectorielle de la méthode trigonométrique pour mesurer un arbre en utilisant un triangle isocèle rectangle à 45 degrés (H = D + h).

Étapes :

  1. Alignez le côté horizontal du triangle avec votre œil.
  2. Reculez jusqu’à ce que le sommet de l’arbre s’aligne avec le haut du triangle.
  3. Appliquez la formule : H = h + D

Où :

  • h = hauteur de l’observateur
  • D = distance entre l’observateur et l’arbre

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