Rappel de Géologie 2BAC SVT et PC : Les Fondements à Maîtriser

Avant d’aborder la formation des chaînes de montagnes et le métamorphisme, un retour sur les bases est indispensable. Ce rappel de géologie pour 2BAC SVT et PC a pour objectif de consolider vos acquis de la 1ère Bac. Que ce soit la structure du globe, la théorie de la tectonique des plaques ou les principes de la sédimentologie, maîtriser ces concepts est la clé pour comprendre les phénomènes géologiques complexes du programme de terminale. Retrouvez ici des fiches synthétiques et des schémas clairs pour démarrer l’année avec confiance.

I. Structure interne de la Terre

Schéma de la structure interne de la Terre montrant les couches (croûte, manteau, noyau) et les discontinuités de Moho, Gutenberg et Lehmann.

Fig. 1 — Structure interne de la Terre avec profondeurs, densités et discontinuités majeures.

La Terre est une sphère stratifiée dont la structure a été révélée grâce à l’analyse des ondes sismiques (ondes P et ondes S). On distingue plusieurs enveloppes concentriques séparées par des discontinuités sismiques majeures.

1.1 Les enveloppes terrestres

EnveloppeProfondeurDensitéCompositionÉtat
Croûte continentale0 – 30 km≈ 2,7Granites, roches métamorphiquesSolide
Croûte océanique0 – 7 km≈ 3,2Basaltes, gabbrosSolide
Lithosphère mantelliqueJusqu’à 150 km≈ 3,2Péridotite rigideSolide rigide
Asthénosphère150 – 700 km≈ 3,3Péridotite partiellement fondueVisqueux/ductile
Manteau inférieur700 – 2 900 km≈ 5,5Silicates de Mg et FeSolide
Noyau externe2 900 – 5 100 km≈ 9,5Alliage Fe-NiLiquide
Noyau interne (graine)5 100 – 6 400 km≈ 12–13Alliage Fe-Ni solideSolide

1.2 Les trois discontinuités majeures

Discontinuité de Mohorovičić (Moho)

Sépare la croûte du manteau supérieur. Profondeur : environ 30 km sous les continents et environ 7 km sous les océans. On observe une augmentation brusque de la vitesse des ondes P (6,8 → 8 km/s).

Discontinuité de Gutenberg

Sépare le manteau inférieur du noyau externe à 2 900 km de profondeur. Les ondes S (transversales) ne se propagent plus au-delà — ce qui prouve que le noyau externe est à l’état liquide.

Discontinuité de Lehmann

Sépare le noyau externe liquide du noyau interne solide à 5 100 km de profondeur. On y observe une augmentation de la vitesse des ondes P.

⚠️ À ne pas confondre — Lithosphère ≠ Croûte terrestre. La lithosphère comprend la croûte ET la partie rigide supérieure du manteau, jusqu’à environ 150 km. La croûte seule représente uniquement les 7 à 30 premiers kilomètres. La lithosphère repose sur l’asthénosphère ductile, ce qui permet son déplacement.

II. Caractéristiques de la lithosphère océanique — Les ophiolites

Succession lithologique d'un ophiolite (péridotite, gabbro, complexe de dykes, basalte, sédiments) représentant la lithosphère océanique.

Fig. 2 — Séquence ophiolitique : colonne lithologique type de la lithosphère océanique, de la surface vers la profondeur.

La lithosphère océanique est formée en continu au niveau des dorsales océaniques. Sa composition interne est connue grâce aux ophiolites : des fragments de lithosphère océanique ancienne charriés sur les continents lors de collisions tectoniques, que l’on peut donc observer directement à l’affleurement.

2.1 La séquence ophiolitique (de haut en bas)

Couche (haut → bas)Type de rocheOrigine et caractéristiques
Sédiments marinsCalcaires, argiles, silicitesDépôts pélagiques accumulés après la formation de la croûte
Basaltes en coussins (pillow lavas)Roche volcanique (effusive)Épanchements laviques sous l’eau ; forme sphérique caractéristique ; texture microlithique
Complexe de dykes (sheeted dykes)Dolérites (filoniennes)Filons verticaux parallèles solidifiés dans des fractures ; alimentent les basaltes
GabbrosRoche plutonique basiqueSolidification lente en profondeur ; texture grenue (grands cristaux) ; même composition que le basalte
PéridotiteRoche ultramafiqueManteau lithosphérique ; riche en olivine et pyroxène ; limite gabbro/péridotite = discontinuité de Moho

📌 Moyen mnémotechnique : S – B – D – G – P → Sédiments · Basaltes · Dykes · Gabbros · Péridotite

2.2 Basalte vs Gabbro — même magma, textures opposées

Basalte et gabbro ont exactement la même composition chimique (magma basaltique), mais des textures très différentes en raison de leur vitesse de refroidissement :

Basalte (roche effusive) :

Refroidissement rapide au contact de l’eau froide → petits cristaux ou verre. Texture microlithique ou vitreuse.

Gabbro (roche plutonique) :

Refroidissement lent en profondeur → grands cristaux bien développés. Texture grenue. Minéralogie : plagioclase + pyroxène ± olivine.

III. La tectonique des plaques

Carte mondiale des plaques tectoniques avec les limites de plaques : zones de subduction, dorsales et marges divergentes.

Fig. 3 — Carte des principales plaques tectoniques avec leurs limites (dorsales, zones de subduction, marges divergentes).

La théorie de la tectonique des plaques, développée dans les années 1960–1970, postule que la lithosphère est découpée en une douzaine de plaques rigides qui se déplacent lentement (1 à 15 cm/an) sur l’asthénosphère ductile. Ces déplacements sont entraînés par les courants de convection dans le manteau et sont à l’origine des séismes, du volcanisme et de la formation des reliefs.

3.1 Les grandes plaques lithosphériques

PlaqueTypeZones / Exemples
PacifiqueOcéaniqueOcéan Pacifique — la plus grande plaque océanique
Nord-AméricaineMixteAmérique du Nord, nord de l’Atlantique
EurasienneMixteEurope, Asie (sauf Inde et Arabie)
AfricaineMixteAfrique, partie Atlantique et océan Indien
Indo-AustralienneMixteInde, Australie, océan Indien
Sud-AméricaineMixteAmérique du Sud, Atlantique Sud
NazcaOcéaniquePacifique Est — subduction sous l’Amérique du Sud → Andes
AntarctiqueMixteAntarctique et océan Austral

IV. Les limites entre plaques et leurs caractéristiques

On distingue trois types de limites (ou frontières) entre les plaques tectoniques, selon le sens relatif de leur mouvement.

4.1 Les limites divergentes — Accrétion océanique

Schéma illustrant les étapes de formation d'un rift continental par étirement de la croûte continentale.
Schéma de la formation d'une dorsale océanique montrant l'ascension du magma et la divergence des plaques lithosphériques.

Fig. 4 — Du rift continental à la dorsale océanique : deux stades de la divergence lithosphérique.

Deux plaques s’éloignent l’une de l’autre. Le magma remonte depuis l’asthénosphère, se solidifie et forme de la nouvelle croûte océanique : c’est l’accrétion océanique.

Rift continental

La lithosphère continentale s’étire et s’amincit ; il se forme des fossés d’effondrement (grabens). Exemples : Rift est-africain (Kenya, Éthiopie), Mer Rouge (stade plus avancé).

Dorsale océanique

Lorsque le rift s’élargit, un océan se forme. La dorsale est une chaîne volcanique sous-marine continue produisant du basalte et de la nouvelle croûte océanique. Exemples : Dorsale médio-atlantique, Dorsale du Pacifique Est.

Caractéristiques des limites divergentes :

  • Volcanisme effusif intense (basaltes en coussins)
  • Séismicité modérée et superficielle (< 30 km de profondeur)
  • Flux thermique élevé au niveau de l’axe de la dorsale
  • Anomalies magnétiques symétriques de part et d’autre de la dorsale
  • Vitesse d’expansion : de 1 cm/an (dorsale lente, Atlantique) à 15 cm/an (dorsale rapide, Pacifique)

4.2 Les limites convergentes — Subduction et Collision

Schéma montrant la subduction entre deux plaques océaniques et la formation d'un arc volcanique insulaire.
Schéma du phénomène de subduction d'une lithosphère océanique sous une lithosphère continentale.

Fig. 5 — Les deux types de subduction : océanique-océanique (en haut) et océanique-continentale (en bas).

Deux plaques se rapprochent. La plaque la plus dense plonge sous l’autre : c’est la subduction. Selon la nature des croûtes en contact, on distingue trois situations.

Subduction océan-océan

La plaque océanique la plus ancienne (plus froide et plus dense) plonge sous l’autre. Il se forme un arc insulaire volcanique parallèle à la fosse. Exemples : Îles Mariannes, Antilles, Japon.

Subduction océan-continent

La plaque océanique (d ≈ 3,2) plonge sous la plaque continentale (d ≈ 2,7), plus légère. Il se forme une chaîne de montagnes volcanique en bordure du continent. Exemples : les Andes (plaque Nazca sous l’Amérique du Sud), Cordillère américaine.

Schéma de la collision entre deux plaques continentales aboutissant à la formation de chaînes de montagnes de collision.

Fig. 6 — Collision continent-continent : formation d’une chaîne de montagnes par plissement et épaississement crustal.

Collision continent-continent

Lorsque toute la plaque océanique est subduite, les deux marges continentales entrent en collision. Les sédiments et roches se plissent et s’épaississent, formant une chaîne de montagnes sans volcanisme dominant. Exemples : Himalaya (plaque indo-australienne contre eurasienne), Alpes (Afrique contre Europe).

Caractéristiques des zones de subduction :

  • Fosse océanique profonde (ex. : fosse des Mariannes, −11 034 m)
  • Plan de Wadati-Benioff : séismicité profonde jusqu’à 700 km
  • Arc volcanique à volcans explosifs (magma andésitique)
  • Prisme d’accrétion sédimentaire au niveau de la fosse
  • Métamorphisme haute pression – basse température (HP-BT) dans la plaque plongeante

4.3 Les limites transformantes — Failles transformantes

Illustration d'une faille transformante montrant le mouvement de coulissage entre deux plaques lithosphériques.

Fig. 7 — Failles transformantes et dorsale océanique : zones de friction entre plaques et directions de déplacement.

Deux plaques coulissent horizontalement l’une contre l’autre, sans création ni destruction de lithosphère. Ces failles sont souvent perpendiculaires aux dorsales et décalent leurs segments.

Caractéristiques des failles transformantes :

  • Mouvement horizontal (décrochement senestre ou dextre)
  • Séismicité forte et superficielle (friction intense entre les deux plaques rigides)
  • Absence totale de volcanisme
  • Exemples continentaux : Faille de San Andreas (Californie), Faille nord-anatolienne (Turquie)
  • Exemples océaniques : fractures perpendiculaires à la dorsale médio-atlantique

V. Tableau comparatif des trois types de limites

CritèreLimite divergenteLimite convergente (subduction)Limite transformante
MouvementÉloignementRapprochementCoulissement latéral
CroûteCréée (accrétion)Détruite (recyclage)Ni créée ni détruite
ReliefDorsale / RiftFosse + arc volcanique ou chaîne de montagnesFaille décrochante
VolcanismeEffusif (basalte)Explosif (andésite)Absent
SéismicitéFaible, superficielleForte, profonde (plan de Benioff jusqu’à 700 km)Forte, superficielle
ExemplesDorsale médio-atlantique, Rift est-africainAndes, Himalaya, Japon, AntillesFaille de San Andreas, Faille nord-anatolienne

L’essentiel à retenir — 2BAC SVT / PC

  • La Terre est constituée de la croûte, du manteau et du noyau, séparés par les discontinuités de Moho, Gutenberg et Lehmann.
  • La lithosphère (croûte + manteau supérieur rigide) repose sur l’asthénosphère ductile et se déplace grâce aux courants de convection mantellique.
  • La séquence ophiolitique S-B-D-G-P (Sédiments, Basaltes, Dykes, Gabbros, Péridotite) reflète la composition de la croûte océanique de la surface vers la profondeur.
  • La lithosphère est divisée en 8 plaques majeures dont les mouvements génèrent trois types de limites : divergentes, convergentes et transformantes.
  • La plaque océanique (d ≈ 3,2) plonge toujours sous la plaque continentale (d ≈ 2,7) en subduction. Deux continents en collision forment une chaîne de montagnes (ex. : Himalaya, Alpes).
  • Les failles transformantes ne créent ni ne détruisent de lithosphère : elles accommodent le décalage entre segments de dorsale.

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